Objets connectés : une révolution culturelle et métiers au sein des industries

double exposure of hand showing Internet of things (IoT) word diagram as concept

C’est la prochaine grande révolution, celle des objets connectés. Automobiles, appareils ménagers, montres, télévisions…, tout sera demain relié à Internet. Une révolution qui concernera les particuliers, mais aussi, les industrie et entreprises.

Selon un rapport du cabinet Idate publié en 2015, ce sont environ 80 milliards d’objets qui seront reliés à Internet à l’horizon 2020. Les téléphones ont été les premiers objets connectés, puis il y a eu les automobiles, les montres et même les brosses à dents !

Potentiellement, tout objet peut être connecté. Pour autant, et aussi gigantesque le marché grand public soit-il, il ne sera pas le plus important.

Selon McKinsey & Company, la part de l’industrie dans l’Internet des objets (IoT) devrait en effet être d’environ 70 %, soit un investissement de l’ordre de 4 à 11 milliards de dollars en 2025.

Il ne s’agit donc pas d’une évolution mineure, à la marge, mais au contraire d’une tendance de fond qui va profondément changer la vie des entreprises.

Cela est d’autant plus vrai que contrairement à la digitalisation, l’IoT revêt une composante physique, concrète.

Un objet est réel, il faut le fabriquer et lui ajouter une dimension digitale. L’IoT marie d’un côté le design, l’ergonomie, les matériaux, les processus de fabrication et, de l’autre, les réseaux, l’informatique, le digital au sens large.


Révolution culturelle

Les PME industrielles seront elles aussi concernées et le changement risque d’être radical, en termes d’organisation et de culture.

A titre d’exemple, artisans et développeurs n’ont pas forcément l’habitude de travailler ensemble, voire de se comprendre. Ils font partie de deux mondes qui ne se côtoient guère. Mais demain ?

A terme, les formations combineront nécessairement des savoirs hybrides, mêlant numérique et « règles de l’art ».

Un avant-goût de cette transformation est donné par les Fab Labs, ces lieux atypiques où les concepteurs et créateurs viennent concrétiser leurs idées. Loin de marquer la fin d’un monde au profit d’un autre, la révolution annoncée des objets connectés peut au contraire gommer la coupure artificielle qui existe entre les métiers de l’entreprise afin de partager savoirs et pratiques.

Ainsi, outre les leviers de croissance qu’il promet aux industries, l’internet des objets entraine des changements au niveau des organisations et décloisonne métiers et compétences.

Sur ce dernier point, la spécificité des objets connectés est d’incarner une transition vers l’ère de l’industrie numérique qui provoque l’apparition de nouveaux métiers et la mutation des compétences informatiques pour intégrer cette technologie.


Révolution métiers et besoin en compétences

Le soft fait de plus en plus partie du produit et doit désormais être considéré comme une composante de celui-ci.
Parmi les enjeux qui se présentent, celui des compétences pour mener les projets retient particulièrement l’attention.

Ainsi, un référent technique comme l’IoT Architecte sera indispensable pour faire le lien entre le client et l’équipe développement.

De même, les métiers qui concernent l’ergonomie des applications, les logiciels embarqués plus intelligents seront marqués par un besoins de spécialistes très pointus.

Bien que dans un certain nombre d’usages l’application de l’état de l’art de la technologie des objets connectés se cantonne pour l’instant à l’intervention des utilisateurs et à la programmation de codes, dans d’autres domaines plus avancés l’intégration de l’Intelligence artificielle (IA) permet déjà d’en prédire l’évolution technologique.
Pour exemple, celle-ci se manifestera par le fait qu’objets et robots seront capables de prendre des décisions compliquées de leur propre chef. En effet, un robot pourrait après analyse donner de lui-même des informations à l’humain afin que ce dernier procède à des ajustements pour qu’il fonctionne mieux.
Autre exemple, l’intelligence artificielle peut aider dans la phase de conception en permettant au robot d’explorer un certain nombre de données et d’identifier différents schémas (textes ou visuels) et de les associer.

Dans ce contexte, il est difficile d’imaginer des équipes R&D et de conception sans experts tels que les ingénieurs en IA.

Pour finir et sans pour autant être exhaustif, la gestion de cycle de vie de ces produits devra répondre au défi de la gestion des données que les multiples capteurs peuvent générer en temps réel d’ailleurs.
La collecte et le traitement de cette multitude d’information nécessitera l’intervention de spécialistes de la data comme le data scientist capable de donner du sens à ces données ou comme le data analyst qui par rapport au data miner classique tient sa spécificité du fait du volume de données à traiter et de la maitrise des outils liés au Big data.

Ainsi, grâce à cette nouvelle approche des données la notion d’upgrade ou de mise au rebus du produit, de tests de régression, de tests de design ou encore la notion d’expérience utilisateurs qui peut influencer un produit pourront prendre une autre dimension.

Néanmoins, cette masse de données collectées et échangées pose la question de la sécurité des objets connectés. Dans ce domaine les compétences réseaux, cloud seront recherchées pour procéder à des évaluations de vulnérabilité et ainsi renforcer la sécurité et la protection.

Les objets connectés annoncent donc des bouleversements au sein des industries : acculturation, mutations des métiers, nouvelles compétences. Il y a urgence à prendre en compte ces changements et à anticiper les besoins en spécialistes puisque différentes études parlent de l’horizon 2020, et ce en particulier pour les PME industrielles.

Lire également : Internet des objets : nouvelles compétences exigées.

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