Quand l’impression 3D change de dimension

Impression-3D
Château de Chambord Impression 3D

Fabriquer de vrais objets, solides et en volume, avec une imprimante 3D. Aussi incroyable que cela puisse paraître, c’est pourtant ce qui se fait déjà en laboratoires. Mais pour quelles applications concrètes ? Quelles compétences clés seront nécessaires ?

Une seule démonstration suffit pour comprendre le processus et imaginer le potentiel de l’impression 3D. Sur une imprimante en trois dimensions, l’encre est remplacée par du plastique, des métaux ou n’importe quel autre matériau. De très fines couches de ces matériaux sont superposées, au gré des passages successifs de la « tête d’impression », pour finalement former un objet.

Quelles sont les applications potentielles de cette impression 3D ? Pour les plus enthousiastes, elle permettrait aux pays occidentaux de retrouver leur leadership industriel perdu. Au niveau micro économique, chacun pourrait fabriquer de petits objets, des pièces de rechange pour l’électroménager, des jouets, etc., cela grâce à des modèles virtuels 3 D disponibles en ligne et à des imprimantes bon marché.

Pour autant des freins subsistent, qui bloquent le développement de l’impression 3D. Pour les particuliers, les machines sont encore chères (même si la tendance pour certains modèles est de devenir peu à peu plus abordables) et peu pratiques.

Au niveau industriel, les coûts de fabrication sont prohibitifs quand il s’agit d’imprimer de très gros objets. Selon les spécialistes en effet, les prix de fabrication sont multipliés par 8 lorsque la taille est doublée, par 27 lorsqu’elle triplée, etc.

 

Petites séries et objets précieux

En revanche, plus l’objet est compliqué, plus sa forme tourmentée, évidée par endroits, plus il est intéressant de l’imprimer. La complexité ne présente pas de difficulté pour une imprimante 3D, les « trous » permettant même de faire des économies de matériaux. Un peu comme l’impression de pages de texte plutôt que celle de grands aplats de couleurs permet d’économiser de l’encre avec une imprimante classique.

Alors que la fabrication industrielle est adaptée à une production standardisée de masse, l’impression 3D est indiquée pour les pièces uniques ou les petites séries, pour les objets précieux… Des utilisations se dessinent ainsi en biologie, des chercheurs planchant notamment pour mettre au point les moyens d’imprimer des organes à partir de cellules.

L’impression 3D ne sera peut-être pas la 3e révolution industrielle, mais s’il est possible demain de fabriquer des organes humains, cela a toutes les chances de nous changer la vie. Voire de la prolonger…

Cependant, l’impression 3D ne manquera pas de poser des problèmes juridiques (notamment des questions de propriété intellectuelle et industrielle, de contrefaçon) et des questions éthiques (fabrication d’armes à feu). On doit aussi s’assurer que cette technologie est sans risques pour les consommateurs : les industriels peuvent-ils garantir qu’un produit ou objet imprimé en 3D se comportera exactement à l’usage comme un outil façonné de manière classique ?

 

Une guerre des talents à prévoir

Il semble que les industries dans la fabrication additive auront besoin d’ingénieurs à courts termes. Ce besoin en compétences clés risque d’être complexifié par le fait que ces ingénieurs devront intégrer des connaissances et compétences annexes indispensables à la compréhension de l’objet qui devra être imprimé en 3D. Ainsi, pour imprimer un bijou comprenant une pierre précieuse l’ingénieur devra sans doute intégrer les conditions physiques et les règles de reflets de lumière pour intégrer les jeux de facettes.

Ceci est un exemple parmi d’autres. Sans doute faudra-t-il que les industriels collaborent étroitement avec les Écoles d’ingénieurs pour répondre à ces défis de profils hautement qualifiés.

La course est lancée car de nouveaux entrants ne manqueront pas de venir perturber le secteur. L’anticipation sera primordiale pour rester compétitif.

Leave a Reply