Aéronautique : Digitalisation et innovation entrainent des défis RH

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opened aircraft engine in the hangar

L’aéronautique doit faire face aux nouvelles exigences de transformation afin de proposer des services performants tout en misant sur l’innovation. Répondre à ces nouveaux défis nécessite, sous fond de transformation des métiers, de disposer des profils nécessaires à l’accompagnement de cette transformation. Or, un paradoxe subsiste : malgré le fort besoin en compétences, l’aéronautique peine à recruter, petites et moyennes entreprises en particulier.

L’aéronautique fournit à la France son plus fort contingent d’embauches et son plus gros excédent commercial. C’est le secteur le plus dynamique de l’économie nationale : augmentation du nombre de passagers, accroissement de la production liée à la fluctuation des commandes civiles ou militaires concernant de nouveaux appareils intégrant bon nombre d’innovations technologiques…

C’est aussi un secteur qui n’échappe pas à l’intégration du digital dans son modèle.

En effet, tout comme dans d’autres secteurs, l’intégration des technologies numériques et la digitalisation des processus dans l’aéronautique se concentrent sur l’expérience utilisateurs et redirigent le fonctionnement de l’entreprise vers la notion de services. Cette approche client et des services transforme les métiers et met en perspective les enjeux RH auxquels devront répondre les acteurs du secteur.

Grands donneurs d’ordre, PMI et ETI… doivent se renouveler, investir dans la R&D… et surtout disposer des compétences en mutation.


Digitalisation de la performance industrielle et besoin en compétences

Les exigences de qualité, de performance industrielle et de maintien de la supply chain tout en prenant un temps d’avance sur la concurrence, créer de la valeur pour les clients poussent les entreprises de l’aéronautique à entamer des programmes de transformation digitale de leur activité, une transformation directement en lien avec l’industrie 4.0.

Dans ce contexte critique, le recours à des outils PLM (Product Lifecycle Management), prenant en compte ces nouveaux enjeux pour accompagner au mieux l’optimisation de la gestion du cycle de vie du produit est d’autant plus stratégique.

Cette performance nécessite aussi la gestion du cycle de vie des applications permettant l’agilité, la visibilité et la performance collaborative comme l’ALM (Application Lifecycle Management), le recours au Lean Management afin de réduire le temps de la mise sur marché du produit et optimiser la capacité de production.

Sur ces questions, les acteurs seront en demande notamment d’experts projets et d’architectes systèmes d’information pour mener les projets complexes afin d’assurer la continuité numérique de l’information et la mise en place de systèmes au service des métiers.

Seront aussi recherchés les ingénieurs en bureau d’études ou de méthodes et les ingénieurs qualités, sans oublier les profils de compétences capables d’intégrer la digitalisation de la supply chain et les enjeux de l’industrie 4.0.


L’innovation pour se différencier et besoin en compétences 

L’axe de développement par l’innovation promu par cette usine du futur au rang d’impératif pour le renouvellement de l’industrie et sa différenciation nécessite l’utilisation de nouvelles technologies comme le big data, l’intelligence artificielle, l’impression 3D, les objets connectés, la réalité augmentée ou encore la simulation.

Toutes ces opportunités créeront à très brève échéance une forte demande d’experts pour certains très spécialisés, pour d’autres très polyvalents : data scientists, data analysts, ingénieurs en IA, techniciens et ingénieurs en fabrication additive, ingénieurs en programmation, spécialistes en systèmes embarqués, en développement web ou mobile, en communication sans fils etc…

Des profils qui pour beaucoup n’existent pas en nombre suffisant sur le marché de l’emploi parce qu’ils font notamment l’objet de mutation (ingénieurs qui doivent intégrer des compétences commerciales par exemple) et que les progrès technologiques sont beaucoup trop rapides.

Ainsi, les grandes entreprises de l’aéronautique face à la digitalisation de leur cœur de métier doivent impérativement prendre en compte ces défis majeurs en termes de ressources humaines (recrutement et formation) pour disposer des profils nécessaires afin de livrer leurs clients en temps et en heure sous peine de pénalités ou d’annulations

Sur une autre échelle, pour pouvoir honorer les commandes des grands donneurs d’ordres, les PME et ETI sous-traitants doivent recruter massivement, qu’il s’agisse d’ouvriers qualifiés, de techniciens, de cadres ou d’ingénieurs.

Or, 57% de ces entreprises sont freinées dans leur développement par leur incapacité à acquérir les talents nécessaires.


Recrutement : revoir ses exigences pour éviter la pénurie des profils

Si les multinationales bénéficient d’une image et d’un prestige tels que les candidats disponibles s’y bousculent, c’est beaucoup plus difficile pour les autres entreprises. Une difficulté aggravée par l’exigence de ces mêmes PME et ETI qui souvent recherchent des profils très complexes, et/ou polyvalents, sans pouvoir proposer en retour ce que les « grands » offrent.

Avec la robotisation, l’intelligence artificielle, le Big Data et la montée en puissance du marketing et des services, Grandes entreprises, PME et ETI de toute la chaîne de production et d’approvisionnement vont devoir repenser leur organisation.

Pourquoi ne pas en profiter pour associer les nouveaux venus aux bouleversements qui se profilent, en se montrant sous un jour plus séduisant, en proposant des formations maison ?

Certes mener de front production, formation et transformation alors que les carnets de commandes sont remplis peut sembler bien peu réaliste.

Pour autant, lorsque ces mêmes commandes garantissent l’activité pour les vingt prochaines années, y a-t-il période plus propice pour le faire ?

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