Impression 3D : penser à adapter le référentiel de compétences

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3d printer in factory, printing car

On a d’abord évoqué l’impression 3D pour les particuliers, puis sont apparus les Fab Labs, ces ateliers de fabrication numérique ouverts à tout le monde. Arrive aujourd’hui l’heure de la 3D en entreprise, qui va révolutionner les processus industriels, les compétences et les formations. Et peut-être même l’ordre économique mondial.

En entreprise, la fabrication additive — l’autre nom de cette technologie — utilise des alliages métalliques, des céramiques, des résines, des produits alimentaires et même des tissus vivants.

Résultat : l’aéronautique, l’aérospatial, la défense, l’automobile, l’agro-alimentaire, la santé, le textile, etc., bref toute l’industrie va demain passer à l’impression 3 D. Même l’architecture et la construction de bâtiments ne seront pas épargnées puisque des maisons ont déjà été « imprimées ».

Dans ce contexte stratégique puisqu’elle porte une dimension fortement économique et parce qu’elle crée une rupture pour toute l’industrie, l’impression 3D aura également un impact sur l’emploi et les compétences.

Au-delà des prévisions de destruction de postes, l’impression 3D qui, en premier lieu oppose deux types de procédés, peut aussi en créer sur une dimension de complémentarité des domaines d’expertises et des compétences.

Comme son nom l’indique, la fabrication additive ajoute de la matière — par couches successives — alors que le mode de production traditionnel retire l’excédent de matière pour ne garder à la fin que l’objet désiré.

Elle permet donc de faire des économies de matériaux. Grâce à elle, il n’est plus nécessaire d’assembler divers composants pour créer une pièce complexe : elle permet en effet de fabriquer un seul et même élément en une seule fois.

De même, on peut avec elle travailler à la commande, quelle que soit la quantité, à des tarifs compétitifs. Il est aussi possible de réparer les pièces usées — en ajoutant de la matière — au lieu de les remplacer par des neuves.

Est-ce pour autant la fin programmée des moules, des pièces détachées, des stocks, de la maintenance, etc. ?


Une implication sur les métiers industriels qui nécessitent d’investir sur la formation

Les anciens process de production ne vont pas disparaître du jour au lendemain, mais l’impression 3D va bousculer totalement la chaîne de valeur, transformer l’apprentissage des savoir-faire et les compétences de la production, mais aussi du design, du marketing, de la logistique, etc.

En amont, On constate un manque de cursus adapté et il va falloir repenser en profondeur les contenus pédagogiques, du système éducatif comme de la formation permanente, élaborer de nouveaux cursus, créer des formations.

Bref tout reconstruire, parfois partir de zéro. Ainsi faudra-t-il notamment former des ingénieurs, des techniciens supérieurs ou techniciens aux nouvelles méthodes portées pas la fabrication additive car les industriels français et les acteurs de l’impression éprouvent des difficultés à trouver ces professionnels sur le marché de l’emploi.

L’impression 3D a une dimension stratégique puisqu’elle peut potentiellement rebattre les cartes, car les pays et les entreprises qui disposent aujourd’hui d’avantages concurrentiels — en termes de machines-outils par exemple — ne sont pas assurés de les conserver.

Ce peut-être une chance pour la France, qui a plus que d’autres connu une érosion de son tissu industriel. Mais à deux conditions : ne pas se laisser distancer et placer l’homme, sa formation et ses compétences au centre des préoccupations.

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