Onboarding : investir sur les enjeux non financiers

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En dépit d’une certaine vision réductrice des Ressources Humaines, le recrutement n’est pas un acte d’achat. Loin de là. 

Pourtant la responsabilité du recrutement, le « contrat » passé avec le client interne s’entend souvent encore « Free On Board ». C’est à dire que la responsabilité du candidat recruté passe au Manager Opérationnel une fois franchie la porte de l’entreprise.

Or, le contexte de l’emploi change et, emportée par ses défis quotidiens, l’entreprise ne perçoit pas forcément les nouveaux challenges liés à ce changement et qui nécessitent d’aborder l’onboarding autrement que par les enjeux financiers. 

Un rationalisme pur et souvent unilatéral qui consiste à recruter pour remplir des cases au sein d’un plan a pu trouver sa justification économique dès lors que le collaborateur était perçu comme un simple maillon d’une chaine.

Cette approche classique du recrutement pourrait bien trouver ses limites dans les nouvelle logiques économiques et face aux nouveaux défis du travail.

 

Bienvenue dans l’ère de la 4ème révolution industrielle 

  • La robotique et l’intelligence artificielle promettent de remplacer l’humain pour toutes sortes de tâches spécialisées y compris dans des domaines aussi inattendus que le notariat.
  • Les block chains et les technologies qui vont leur succéder s’apprêtent à jouer le coup de l’arroseur arrosé aux plateformes de désintermédiation (il existe déjà un « Uber » et un « Spotify » version blockchain).
  • Les citoyens / électeurs attendent bien plus de leur travail qu’une simple rémunération et sont de moins en moins prêts à jouer le jeu s’ils n’y trouvent pas leur intérêt.
  • Le rôle du travail dans la société est en train de se transformer.
  • Les entreprises agiles adaptent leurs emplois, voire leur stratégie, pour tenir comptent de la palette de talents à leur disposition.

Pour s’adapter à ces changements, un onboarding réussi jouera un rôle crucial et il devient urgent d’en comprendre les enjeux.

 

Onboarding et changement de référentiel 

Les enjeux financiers de l’onboarding sont connus. Le web abonde de chiffres, plus ou moins grands, tous édifiants et parfois subjectifs sur le coût d’un recrutement raté.

Ce qui est néanmoins certain c’est que le départ prématuré ou l’intégration tardive d’un collaborateur coutent cher quel que soit l’angle par lequel on aborde le problème :

  • Coûts de recrutement doublés ou triplés
  • Manque à gagner économique
  • Temps perdu
  • Contre-productivité
  • etc.

Mais ce qui compte aussi ce sont les enjeux non financiers.

Sans vouloir pousser trop loin l’anthropomorphisme, lorsqu’un recrutement est raté ce sont la santé, le moral, la réputation et la culture de l’entreprise qui sont en jeu et pas uniquement son portefeuille.

Nous vivons dans un monde en tension. Les crises, qui peuvent être des crises de croissance, font partie du quotidien. Et bon nombre des recrutements sont décidés pour réduire les tensions que les personnes en poste sont contraintes d’assumer dans l’intervalle.

Dès lors, un recrutement peut s’avérer critique et tout retard, toute erreur peut mettre l’entreprise en danger.

Même si le recrutement n’est pas vital pour l’entreprise, il peut être primordial pour les collaborateurs. En cas d’échec du recrutement, les équipes restent « sous-staffées », de nouveaux efforts sont nécessaires, le moral s’en ressent, et certains peuvent se décourager.

Que ce soit en interne ou en externe trop de départs, trop d’intégrations avortées sèment le doute sur l’attractivité et la capacité de l’entreprise.

 

Onboarding pour assurer la pérennité du collectif  

En théorie, rien n’oblige une entreprise à investir dans l’intégration des nouveaux collaborateurs. Attention aux cercles vicieux ! Négliger l’onboarding peut entrainer le départ du collaborateur puis, en cascade provoquer une baisse de motivation, d’autres départs, une image ternie et des difficultés de recrutement croissantes. A terme la survie de l’entreprise est en jeu.

Ce tableau est peut-être trop pessimiste et il est vrai que le pire n’est jamais certain.

Mais peut-on aujourd’hui se contenter d’éviter le pire et un nouveau talent ne constitue-t-il pas une formidable opportunité de progrès ?

En effet, l’entreprise, que certains remettent en cause en raison de la baisse des coûts de transaction liée notamment au digital, vaut non seulement par ses résultats mais aussi par ses valeurs, son savoir-faire collectif et le patrimoine qu’elle peut transmettre.

L’arrivée d’un nouveau « team member » est donc l’occasion rêvée de progresser ensemble. Cette occasion ne se représentera peut-être pas.

Au final, pour que toute « entreprise » soit plus que la somme de ses constituants, pour que l’alchimie opère et pour se prémunir de son obsolescence socio-économique annoncée, il faut envisager le recrutement non comme une simple addition mais comme un savant mélange dans lequel les talents se combinent, se conjuguent.

Réussir son onboarding est un enjeu crucial pour faire face à ces changements, provoquer cette alchimie au sein de l’entreprise et favoriser un recrutement durable.

 

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